Bio express & chiffres clés – NAMé Recycling

Directeur: Roblain Namegni

Économiste, ancien réviseur d’entreprise, fondateur de NAMé Recycling (2016)

Vision : construire une économie circulaire rentable et inclusive

 

NAMé Recycling en chiffres

✔️ 1 site industriel à Bekoko, Douala

✔️ 100+ emplois directs

✔️ 1 000+ emplois indirects

✔️ 3 produits recyclés : palettes, bandes de cerclage, granulés plastiques

✔️ Clients : agro-industries, grandes plantations, logistique, exportateurs

✔️ 1 ambition : industrialiser la filière et inspirer une nouvelle génération d’acteurs du recyclage

 

Interview Eurocham Inside –

Roblain Namegni, Directeur Général de NAMé Recycling

Eurocham Cameroon : Pouvez-vous vous présenter

Je suis Roblain Namegni, économiste de formation et fondateur de NAMé Recycling. Nous avons créé cette entreprise il y a environ huit ans. Après une carrière dans l’audit, j’ai voulu me lancer dans un projet à fort impact. Le recyclage s’est imposé comme une évidence : il allie création d’emplois, protection de l’environnement et valeur économique.

 

Eurocham Cameroon : En un mot, comment définiriez-vous NAMé Recycling ?

Difficile d’en choisir un seul… Je dirais "environnement", ou encore "économie circulaire", car c’est vraiment notre ADN.

 

Eurocham Cameroon : Quelle est la mission principale de votre entreprise ?

Nous transformons les déchets plastiques en matières premières utiles, comme des palettes, des granulés ou des bandes de cerclage. Notre objectif est double : être rentable tout en générant un impact social et environnemental durable.

 

Eurocham Cameroon : Concrètement, comment cela fonctionne ?

On sensibilise les populations, on collecte les déchets, puis on les trie, on les lave, et on les transforme dans notre usine. Nos produits sont ensuite utilisés par des industriels et exportateurs, notamment dans l’agroalimentaire ou la logistique.

 

Eurocham Cameroon : Vous avez évoqué les emplois indirects. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Absolument. Notre système de collecte permet à toute personne en possession de plastique usagé de nous le vendre via nos centres d’achat, répartis dans Douala. Ce système a permis de créer plus de 1 000 emplois indirects : collecteurs, revendeurs, transporteurs…

 

Eurocham Cameroon : Où sommes-nous aujourd’hui ?

À Bekoko, dans notre site industriel, construit par nos soins. C’est ici que s’opère toute la transformation. Notre siège, lui, se trouve à Akwa.

 

 

Eurocham Cameroon : Y a-t-il un moment fort que vous gardez en mémoire ?

Oui. Dans l’usine, je garde précieusement la toute première palette que nous avons fabriquée. Elle était imparfaite, mais elle symbolise notre départ. Aujourd’hui, nous produisons des centaines de palettes par jour, mais cette première reste notre point de départ. (voir photo ci-contre)

 

Eurocham Cameroon : Vous parlez aussi beaucoup de spécialisation. Pourquoi ?

Parce que l’avenir de NAMé réside dans l’industrialisation. Nous voulons déléguer la collecte pour nous concentrer sur la transformation à plus grande échelle. Et nous espérons voir émerger d’autres entreprises de recyclage : il faut plusieurs "NAMé" pour relever le défi écologique.

 

Eurocham Cameroon : Un mot pour les décideurs ?

Il est minuit moins cinq. Les lois sont là, mais leur application reste limitée. Il faut impliquer les mairies, les ménages, favoriser le tri à la source, et mettre en place des mécanismes d’incitation. C’est maintenant que ça se joue.

 

Eurocham Cameroon : Et pour ceux qui hésitent à se lancer dans le recyclage ?

Allez-y ! Il y a de la place. Le Cameroun génère énormément de déchets, et nous n’en recyclons qu’une infime partie. C’est une opportunité économique, sociale et environnementale.